Portraits de domaines pionniers : qui prend de la hauteur ?
Château Haut-Bernat – Castillon Côtes de Bordeaux : le pari du coteau
Propriété de la famille Regaud, le Château Haut-Bernat flirte avec les plus hautes altitudes de Castillon, à 120 m sur des sols argilo-calcaires. Depuis 2017, il expérimente des sélections massales de Merlot, Malbec et Cabernet Franc sur ses sommets, observant des différences marquées de maturité et d’intensité aromatique. Les vins du haut de parcelle présentent une acidité mieux préservée et une tension végétale recherchée par les professionnels de la sommellerie.
Source : Sud-Ouest, 2022
Château de la Vieille Chapelle – Fronsac : l’avant-garde bio & altitude
Sur les coteaux de Fronsac, la Vieille Chapelle (certifiée biologique) a isolé un ilot de 1,5 ha à 80 m d’altitude, exposé plein nord, pour étudier la dynamique de maturité lente. “Récolter tard, mais frais”, un mantra que la propriété a documenté depuis 2020, signant un micro-cuvée en Cabernet Franc particulièrement équilibrée. La fraîcheur issue de la hauteur est devenue un argument phare à l’export, notamment en Scandinavie.
Source : Vitisphere, 2023
Château Moulin Pey-Labrie – Canon-Fronsac : la verticalité dominée
Situé sur le plateau la Motte, ce domaine exploite plusieurs parcelles jusqu’à 85 m, dont certaines terrasses abruptes. Le rôle de l’altitude a notamment influé sur la réintroduction du Malbec dans le grand assemblage, ce cépage s’y exprimant mieux sous la fraîcheur nocturne. Le Moulin Pey-Labrie affiche des rouges “ascendants”, bâtis sur la tension et le fruit noir, un style qui s’affirme sur les grandes tables de gastronomie.
Source : La RVF – La Revue du Vin de France, 2022
Château Maison Blanche – Montagne Saint-Émilion : pionniers du renouveau biodynamique en haut des collines
Une partie des vignes du Château Maison Blanche s’étend à travers les collines et failles argilo-calcaires de Montagne, culminant à 108 m. Depuis 2012, la propriété expérimente sur ces parcelles hautes des pratiques permacoles associées à la traction animale, réduisant drastiquement l’impact mécanique. Les vins de ces micro-terrasses sont très surveillés lors des périodes chaudes ; on note une homogénéité rare entre fraîcheur et maturité.
Source : Terre de Vins, 2021
Domaine Emile Grelier – Lapouyade : altitude, biodiversité et vins “nature”
Au nord de l’Entre-Deux-Mers, à 115 mètres sur les argiles de Lapouyade, se niche ce pionnier de la viticulture agroécologique. Ici, la vigne alterne avec des haies, mares et prairies, permettant une montée lente de la température et un cycle de maturité décalé jusqu’à deux semaines. Les vins du domaine, non sulfités, se distinguent par leur vivacité et leur capacité de garde, portés par l’effet “altitude” maîtrisé.
Source : France Agrimer – Mémento du vignoble, 2020