Portraits de domaines en pointe : Poupille, Puy Arnaud, La Brande et la nouvelle garde
Château Poupille : la référence du sol vivant
Aux portes de Sainte Colombe, Philippe Carrille fait figure d’auteur discret du renouveau viticole castillonnais. Son vignoble, conduit en bio depuis plus de vingt ans, expérimente depuis 2020 des couverts permanents multispécifiques sur la quasi-totalité des parcelles. Féverole, radis fourrager, vesce, sainfoin, trèfle incarnat, lotier et plantain s’échangent les rôles à travers les saisons : capteurs d’azote, briseurs de croûte, abris pour insectes auxiliaires… Le résultat ? Un sol plus souple, des vignes moins sensibles au stress, et une faune souterraine en pleine effervescence.
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Choix agronomiques : Semis automnal multi-espèces, gestion par fauchage partiel, maintien du couvert tout au long de l’année, test de bandes fleuries entre les parcelles.
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Bénéfices mesurés : Hausse de la matière organique (+25% en 4 ans), baisse des besoins en fertilisation externe, nette diminution de la compaction du sol (source : échanges techniques IFV 2023).
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Perspectives : Poupille participe au programme Life VineAdapt, qui vise à mesurer l'impact concret de la biodiversité sur les terroirs viticoles face au changement climatique.
Château Puy Arnaud : du bio au sol vivant, le chemin du naturel
À Belvès-de-Castillon, Thierry Valette est souvent cité comme le chantre du “sol acteur du vin”. Très tôt converti au bio (depuis 2001 !), il n’a cessé d’approfondir, en voisinage étroit avec l’INRAE Bordeaux, les relations entre couvert biologique permanent et dynamique du terroir. Depuis 2019, plus de 15 espèces sont semées chaque automne, avec une dominante de trèfles, de vesces et de brassicacées (moutardes et radis) pour structurer le sol, le fertiliser, attirer syrphes, coccinelles et pollinisateurs.
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Objectifs affichés : Recréer un équilibre biologique, augmenter la résistance au stress hydrique (objets des dernières années très sèches), obtenir des vins plus précis et toujours plus ancrés dans leur sol.
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Bilan 2022-2023 : Selon les suivis IFV, infiltration multipliée par deux, portance accrue, absence totale de phénomènes d’érosion durant les épisodes orageux marqués du printemps 2023.
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Innovation : Tests d’association avec des plantes indigènes issues des friches voisines, adaptation fine de la formule de semis aux expositions et microclimats de chaque parcelle.
Château La Brande et la dynamique collective de Castillon
Château La Brande, propriété d’Olivier et Benjamin Tach, s’inscrit dans une démarche plus holistique. Outre ses 32 hectares menés en bio, le domaine porte depuis 2021 un projet interparcellaire de couverts permanents “haute diversité”, impliquant cinq autres vigneron(ne)s de la commune, sous l’égide du groupe DEPHY Expé (INRAE). L’idée : mutualiser les résultats, comparer les mélanges, élaborer des protocoles partagés.
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Espèces travaillées : Luzerne, sainfoin, lotier, mélilot, trèfle blanc, ray-grass, chicorée sauvage, phacélie, vesce, moutarde, petite oseille, pimprenelle.
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Retour terrain : Remontée nette d’abeilles sauvages et osmies, mais aussi stabilisation très marquée de la structure du sol, nombre de jours de portance supérieur aux témoins nus (données INRA 2023).
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Vertu collective : Partage d’outils de fauche, regards croisés sur la qualité des lots et ouverture à la visite lors des “Journées du Sol Vivant” en Castillon.
D’autres domaines à suivre
Si Poupille, Puy Arnaud et La Brande sont souvent mis en avant, de nombreux autres châteaux, à l’image du Clos Vieux Rochers, du Château Beynat (labelisée bio), ou encore du Château Fontbaude testent également, sur des surfaces plus réduites, différentes combinaisons de couverts permanents. Cette dynamique est soutenue par le Syndicat de l'Appellation qui finance parfois graines, semoirs et journées techniques.